Prière de l’artisan

Apprends-moi, Seigneur, à bien user du temps que tu me donnes pour travailler, à bien l’employer sans rien en perdre. Apprends-moi à tirer profit des erreurs passées sans tomber dans le scrupule qui ronge. Apprends-moi à prévoir le plan sans me tourmenter, à imaginer l’oeuvre sans me désoler si elle jaillit autrement. Apprends-moi à unir la hâte et la lenteur, la sérénité et la ferveur, le zèle et la paix. Aide-moi au départ de l’ouvrage, là où je suis le plus faible. Aide-moi au coeur du labeur à tenir serré le fil de l’attention. Et surtout comble Toi-même les vides de mon oeuvre, Seigneur! Dans tout le labeur de mes mains laisse une grâce de Toi pour parler aux autres et un défaut de moi pour me parler à moi-même. Garde en moi l’espérance de la perfection, sans quoi je perdrais coeur. Garde-moi dans l’impuissance de la perfection, sans quoi je me perdrais d’orgueil. Purifie mon regard: quand je fais mal, il n’est pas sûr que ce soit mal, et quand je fais bien, il n’est pas sur que ce soit bien. Seigneur, ne me laisse jamais oublier que tout savoir est vain sauf là où il y a du travail, et que tout travail est vide sauf là où il y a amour, et que tout amour est creux qui ne me lie à moi-même et aux autres et à Toi, Seigneur! Enseigne-moi à prier avec mes mains, mes bras et toutes mes forces. Rappelle-moi que l’ouvrage de mes mains t’appartient et qu’il m’appartient de te le rendre en le donnant ; que si je le fais par goût du profit, comme un fruit oublié je pourrirai à l’automne ; que si je le fais pour plaire aux autres comme la fleur de l’herbe je fanerai au soir ; mais si je le fais pour l’amour du bien, je demeurerai dans le bien ; et le temps de faire bien et à ta gloire, c’est tout de suite, Amen!

Prière des copistes et enlumineurs du haut moyen âge, sans doute d’origine anglaise. in “Naissance et splendeurs du manuscrit monastique du VII’ au XII’ siècle”, Gilberte Garrigou

Deux films sur l’addiction

Les plus beaux films que j’ai vu ces derniers temps au cinéma traitent de l’addiction. L’un (Shame) traite de l’addiction sexuelle  et de la perte d’humanité, l’autre (Oslo 31 aout) du sevrage d’un polytoxico’ et de sa perte d’envie. La mort. Ce sont des films tristes, mais qui paradoxalement, m’ont fait du bien. 

Politique

Un ami anarchiste me disait un jour que le système d’état actuel est un système darwinien qui promeut en son sein les éléments intelligents les plus immoraux de la société. Il étayait sa démonstration disant que c’était « par défaut » que ces gens arrivaient en politique parce que leur narcissisme dominateur leur barre bien des carrières dans le privé, où il s’agit d’avoir des comportements convenables avec ses clients, collègues et partenaires pour durer, à moins de tomber dans la délinquance telle que l’escroquerie et l’abus de confiance, et finir en faillite.

Certain cependant sont « sains » parmi les politiques, viennent parfois du domaine civile. D’autres, pour équilibrer leur défauts, s’agrippent à une idéologie promettant la meilleur vie à tous, et parviennent à diffuser une image altruiste.

Mon ami poursuivait en disant que depuis toujours c’était ainsi, les rois sont tous apparu parmi les victorieux des grandes batailles à l’épée, ce sont donc, toujours en darwinisme social, les plus cruels, les plus destructeurs et les plus acharnés, qui ont dirigé, et leurs héritiers.

A moitié d’accord avec mon ami, je continue à penser que beaucoup de politiciens sont « des gens biens », mais à la réflexion, je suis d’accord pour dire que dans la politique il y a un taux supérieur de « sales types » que dans le reste de la société. Je pense qu’il y a aussi un autre écrémage qui se fait, via tout ceux qui décident de déserter ce terrain hostile, et qui eux sont des gens biens.

J’essaie de ne pas m’intéresser à la politique, hélas, la réalité de ma vie m’y ramène sans cesse, via les menaces de guerre et les problèmes économiques. Parmi les critères qui m’indiquent qu’un pays est sain, c’est quand personne n’a envie d’évoquer la politique. C’est pourquoi j’aime les Japonais ou les Thaïlandais, ils ne parlent jamais de ces choses là. C’est pourquoi je suis assez inquiet pour mon pays, où la politique est omniprésente, et de plus en plus.

Un des mystère de la politique Française me semble être ce rejet de l’idée du « moins d’état », qui est complètement éludé. Il y a comme ça en France des débats qui devraient avoir lieu, mais non. L’idée du moins d’état a pourtant été abordée par la plupart des philosophes auxquelles les démocraties se réfèrent. Que ça soit La Boetie ou Bastiat, la plupart ont préconisé une limitation du pouvoir de l’état et une liberté des pratiques culturelles, personnelles et économiques. Ce qui est de moins en moins le cas. L’état ponctionne toujours autant, ou plus, qu’avant, et se mêle toujours d’économie ou de culture et de santé et bien d’autres domaines.

La tradition solidaire française est faite d’ une dose d’égalitarisme en proposant une justice pour tous ainsi que l’école , la santé et l’aide familiale. Mais d’autres ministères me paraissent sortir à la fois du rôle régalien de l’état, et de sa tradition égalitaire :  la culture, l’économie et la recherche, domaines que l’état a souvent encouragé, mais n’a jamais prétendu contrôler directement avant notre modernité. Ces ministères ont comme but d’intervenir dans des domaines étranger à l’état, par le contrôle d’entreprises et organisations civiles principalement par les subventions et les règles fiscales, afin d’orienter la recherche scientifique, le développement de secteurs économique, et s’impliquer dans la culture et les loisirs des gens. La question du transfère au civil de ces activités se pose, pour des raisons de répartition de capital, de compétence et d’efficacité économique, et tout simplement, de transfère de pouvoir vers la population. Voici l’économie réalisée par l’état si ces ministères étaient supprimés (budget annuel/ministère en milliard):

7,5 culture.

17 économie.

24 recherche.

48 milliards/an d’économie. (src : wikipedia des dits ministères)

A cela s’ajouterait la privatisation de certains biens et services de ces ministères, ce qui reste à évaluer. Une économie de 250 milliards sur un quinquennat + produits des privatisations.

Non seulement cela pourrait régler le problème de la dette, mais entraînerait une révolution dans les secteurs culturels, économique et scientifique, qui récupéreraient les ressources de ces ministères, provocant un renouveau dans les différentes filières concernées, l’entreprise libérale étant plus efficace pour développer ces filières, plutôt que le secteur public. D’autres secteurs de l’état peuvent être privatisées, comme la SNCF.

L’état conserverait ses postes régaliens : Diplomatie, Police, armée, justice. S’ajoute les postes solidarités : éducation, santé, famille. S’ajoute même l’aménagement du territoires et l’écologie. 

Même en admettant que l’état puisse conserver certains aspects éloignés du champs régalien, pour respecter une certaine justice sociale et un centralisme auquel les Français semblent attaché,  même en étant dans cette veine “libéral-modéré”, où on admet l’existence d’ une école, une justice, une santé pour tous, et bien même ça, cette description d’un état plus réduit, avec des aspects “sociaux”, mais sans les subventions visant à contrôler des pans entiers de l’activité des gens et des organisations, n’est pas admise par le monde politique Français. Simplement ignorée.

Tous les candidats sans exception proposent plus d’état, que ça soit en matière sociale, financière et fiscale, et même sociétal, la politique pouvant s’ériger en droit d’intervenir dans des domaines tels que l’Histoire, les relations entre les sexes, la religion, les relations inter-personnelles, la façon de porter son foulard et de peindre ses volets, et s’érige le droit de maintenir une sorte de monopole de ces questions là, qu’on ne peut même plus amener au débat public parfois, toute remise en cause pouvant être considéré comme un crime de “lèse-république”.

Il me semble pourtant qu’une des grosses composantes du débat politique est cette question de savoir s’il faut « plus d’état » ou « moins d’état » dans la société. L’idée du « moins d’état » est celle qui fût privilégiée par les penseurs de la démocratie  afin d’y faire émerger à la fois de la liberté individuelle et contrer le totalitarisme d’état. C’est même en France que sont nées ces idées là. Elles font partie de notre identité, et même le nom de notre pays, dérivé du mot “franc”, qui signifie “libre”, est un appelle à être libéral. Idée dépassée, comme si on n’en était plus là, comme si le Français n’était plus un “affranchi”, mais un simple pion.

"J’ai décidé d’être heureux parce que c’est bon pour la santé"

Voltaire

"Être informé de tout et condamné ainsi à ne rien comprendre, tel est le sort des imbéciles"

Georges Bernanos - La France contre les robots 1947

"L’esprit, c’est comme les parachutes : ça ne fonctionne que lorsque c’est ouvert."

Pierre Dac

French lesson for english speakers. Learn pronunciation of 15 universal words in 10 minutes with a cult sequence of John Carpenter film.

Cours de français pour les anglophones. Apprendre la prononciation de 15 mots universelles en 10 minutes avec une séquence culte du film de John Carpenter.

Johan Micoud – La finale des poussins (30 plays)

Just want to play like a child

“La finale des poussins” est une curieuse chanson, par l’ex-international-footballeur Johan Micoud, tiré d’un excellent album collectif qui s’intitule Pop’n’Foot, dont il est producteur. J’apprend en cherchant une photo de Johan Micoud sur le web qu’il est maintenant vigneron. Cet homme est vraiment intéressant. 

J’aime cette invitation à rester fidèle à son enfance, à garder son innocence, à retrouver des sensations de gamin, à éprouver des joies simples, toujours bien plus profondes qu’on ne le pense.

Je trouve que c’est joli.

Critique de la psychanalyse : Guy Corneau.

Voici une vidéo de Guy Corneau, épisode d’une série sur la psychothérapie par le célèbre psy. L’épisode en question s’intitule “les compensations” et traite des addictions, pulsions alimentaires, shopping compulsif, etc. Toutes ces choses qui serviraient à compenser un problème.

Cette émission assez bizarre et exotique, m’a intéressé pour plusieurs raisons que je vais détailler plus bas. Sachez cependant, Noble Lecteur, que vous n’êtes pas obligé de vous infliger les 45 minutes de ce mélange de real-tv- psychodrame à but éducatif, bien que le délicieux accent québécois puisse rendre le moment agréable, et le rôle de composition de Guy Corneau, digne des plus sirupeux rôle de Robin Williams, dans la pose du type qui a tout compris (alors qu’il ne fait qu’anoner les mantras de la déjà bien vieille religion psychanalytique) peu donner à ce document une dimension divertissante certaine.

Analysons donc l’émission du célèbre psychanalyste Québécois. Et pourquoi elle est intéressante.

La première raison de mon intérêt est le concept même de l’émission, qui est une séance de psychothérapie filmée, qui donne beaucoup d’indications sur cette pratique.

La seconde raison est que Guy Corneau se défini lui même comme un “psychanalyste Jungien”, et si je peux considérer Jung comme un philosophe valable (notamment par son travail sur le Yi King), je considère aussi la psychanalyse comme une pseudo-science vaseuse devant être combattue et annihilée comme pratique thérapeutique.


Je pense que cette pratique est non seulement inutile, mais surtout, qu’elle interdit à l’individu de trouver les bonnes pistes qui régleraient ses problèmes. La grille de lecture de la psychanalyse ne permet pas de comprendre un mal existentiel, et ne permet pas de le régler non plus. Elle permet surtout de se perdre. Si je voulais aider quelqu’un à conserver ses problèmes le plus longtemps possible, et faire en sorte qu’il n’ai pas les outils pour les controler, je l’enverrais chez un psychanalyste !

Je suis persuadé que la psychanalyse sera considérée dans le futur comme une fantaisie bizarre du vingtième siècle. Peut être une forme artistique exotique et amusante, un peu comme le dadaïsme. Aussi il est intéressant de voir comment cette croyance en la psychanalyse peut se pratiquer, occasion pour moi de développer ma critique

Je suis un expert en matière d’addiction. Mon corps a eu a faire avec le tabac, le cannabis, l’alcool, les sucreries, les poudres blanches, les acides… De tous ces comportements destructifs et addictifs, le tabac a été le plus compliqué à gérer, j’en ai d’ailleurs fait un livre. Aujourd’hui tout va bien, merci.

Aussi ce document filmé sur “les compensations” ne pouvait que m’intéresser. Voici ce que j’en ai tiré :

Tout d’abord, si la psychanalyse me paraît hautement critiquable en tant que “science humaine”, je reconnais que la croyance en elle qu’ont les gens les invite à s’ouvrir et de se lâcher avec sincérité. Le principe de l’”écoute bienveillante” du psy, avec la conviction en face qu’il faille “vider son sac” pour avancer aide vraisemblablement à jouer le jeu de l’ouverture. Quant à la bienveillance du psy, elle offre au client cette sensation puissante d’être écouté, ce qui engendre un bien être immédiat visible. Bien être superficiel et à court terme, mais bien être quand même.

Mais les avantages s’arrêtent là. Je n’ai pas été surpris de voir en action les présupposés de la psychanalyse, consistant à relier un problème comportementale présent à un problème du passé, souvent familial, et faire de cet événement le point d’attaque du problème. Je ne nie pas qu’un comportement inadapté puisse être né d’un événement particulier du passé, ni que s’en rendre compte puisse participer à la compréhension du problème, mais je pense que focaliser sur ce passé est inefficace, confortable, et prive de véritables solutions.

Le présupposé freudien arrive tout de suite : La personne exprime un problème de boulimie, le psy demande immédiatement “pourquoi ?”, et encourage le sujet à aller chercher les problèmes du passé qui expliqueraient tout. Ce dernier, informé des règles de la psychanalyse, se fabrique ou ravive alors toutes sortes de liens, trouve divers traumatismes d’enfance, qui justifient ses pratiques actuelles. Au risque même de transformer une mésaventure du passé, qui n’était plus problématique, en un malheur vivant. Le psychanalyste a donc un rôle de pompier-pyromane : réactiver d’anciennes peines, pourquoi pas persuader de la présence de symptômes inquiétants (un passé douloureux inconscient par exemple), pour prétendre ensuite les soulager.

Je perçois une forme de complaisance des participants. Ils semblent trouver satisfaisant ce freudisme consistant à rejeter la responsabilité leurs malheurs actuels sur leur passé et leur famille. Ils semblent même avoir déjà fait la démarche psychanalytique, et ressortent chacun une théorie bien calibrée, « psychanalytiquement correcte », sur les raisons de leurs problèmes. Théorie qui semble assez confortable, à la grande satisfaction de Guy Cornau, qui de manière sincère, semble y voir une validation des thèses de la psychanalyse. Les participants ne font pourtant qu’obéir à l’injonction freudienne : donner une raison née d’un traumatisme ancien à leur mauvaises habitudes.

Le présupposé que le problème actuel dépend du passé et ne se réglera qu’en retournant au passé semble partagé par tous. Il semble même que cette croyance soit un préalable avant de consulter. Croyance tellement ancrée dans la société occidentale, en particulier chez les adeptes des magazines féminins populaires, que les personnes semblent avoir déjà la réponse à leurs problèmes, l’on semble t’il déjà bien formulé et ressassé, et mettent tout leur talent pour livrer la réponse que le psy attend. Des histoires d’enfance, de relations parentales, etc.

Je pense que si ces gens croyaient aux esprits de la forêt plutôt qu’au freudisme, ils auraient trouvé une histoire de lac maudit où ils se seraient baigné étant petit, ou de pierres sacrées qu’ils auraient souillé par inadvertance…

L’utilisation du présupposé freudien ne laisse aucune chance d’explorer d’autre voies. Il interdit même de penser la question autrement qu’à travers la lorgnette élaborée par Freud, brouillant l’analyse des faits, entraînant les personnes vers des contrées toujours plus sombres. Chose que l’on constate par l’espèce de sidération et d’impuissance dont témoignent les uns et les autres. Interpréter un événement avec la psychanalyse, c’est le rendre toujours moins compréhensible.

J’ai le sentiment, en observant ces scènes de déballage et de retour vers le passé, que le psy oriente les personnes vers une voie de garage parasitée, pleine de désordre, compliquée. Au lieu de proposer une simplification du problème afin d’aider à le résoudre, au lieu de proposer des pistes, le psy ne fait que valider que le mal dont souffre la personne est profond, “historique”, inextricable, existentiel. Chacun des participants patauge dans le néant, admet implicitement ne rien comprendre à ce qui lui arrive, en dépit de toutes les explications freudiennes. La sidération. Ils sont privés des outils pour comprendre, et sont comme toujours invités à faire le deuil.

La véritable question, qui est “comment modifier ces mauvaises habitudes” est absente. La psychanalyse ne s’intéresse qu’au “pourquoi”, avec la pensée magique qui est de penser que cette prise de conscience du pourquoi suffira pour dissoudre le problème par enchantement… Pas de “comment”, donc.

L’idée de viser un objectif précis d’amélioration non plus. Pour ma part, je pense que l’amélioration de soi passe par un “entraînement à aller mieux”, et certainement pas par une remise en question de son passé. Dans cette dernière démarche, la personne s’arc-boute sur son problème, met des ornières, se prive de toute vision panoramique du problème pour n’utiliser que la vision tunnel et amplifiée de la longue vue. Elle pense régler son problème en observant au plus près le détail des origines du mal, tente d’aller le plus loin possible dans l’appropriation de ce mal, jusqu’à le sublimer, le mystifier, lui donner une généalogie et broder un “story-telling”.

Le mauvais outil. Là où la personne exprime le besoin d’avoir une boussole, Guy Corneau lui offre la seule chose qu’il a : une loupe.

Il existe pourtant de nombreuses autres pistes à explorer pour s’attaquer à un problème de comportement compulsif et d’addiction. Encore faut il s’extraire de la psychanalyse pour percevoir ces solutions !

Pour ma part, un travail que j’ai entrepris de longue date pour comprendre et régler mes comportements addictifs m’a amené sur plusieurs pistes qui ne sont absolument pas exploitées par Guy Corneau.

La première piste est le désordre physique. Guy Corneau ne prend aucunement en compte les découvertes récentes au sujet de “la chimie des émotions”. On sait que le sentiment de bien-être dépend de la fabrication d’hormones comme l’endorphine, la dopamine, etc, de même que la déprime, l’angoisse ou l’ennui sont des émotions générées pas le manque de ces hormones, et l’ afflue d’hormones du stress, tel que l’adrénaline. Cette piste est inexploitée.

On sait aussi que certaines stratégies comportementales permettent de se procurer ces molécules du bonheur non pas en se réalisant dans la vie (bonne stratégie), mais par des stratégies erronées : psychotropes, nourriture, achats compulsifs, etc. Piste de la “stratégie erronée” quasi inexploitée.

Il me semble que plutôt que d’aller chercher midi à quatorze heure, il serait d’abord utile de voir si ces personnes ne subissent pas des dérèglements physique. Un problème thyroïdien peut par exemple expliquer une mauvaise production d’ hormones, que la personne se procurera autrement (le tabac, l’alcool, le shopping, la nourriture sont des moyens de fabriquer ces hormones du bien être). Piste inexplorée.

Sur ce même principe, il eu été bien de vérifier si ces personnes ont, au delà de leurs sales manies, une hygiène de vie satisfaisante. Dorment elles assez, se nourrissent elles sainement (en dehors de leur phases boulimiques), font elles assez d’exercice, vivent elles dans un environnement sain et naturel. Si tel n’est pas le cas, un malaise diffus peut exister. Piste inexplorée.

Une hygiène de vie défaillante peut suffire à provoquer des états de déprimes, un stress ou une fatigue chronique qu’on cherche à régler comme on peut, par exemple en fumant une cigarette ou en mangeant une glace… Ce qui entraîne un plaisir immédiat, avec, hélas, un effet descente qui appelle à recommencer…

Guy Corneau aurait aussi pu aborder la question du principe de récompense qui dirige la plupart de nos actes. Par une mauvaise stratégie, vous vous récompensez mais vous vous faites souffrir. Guy Corneau n’aborde pas vraiment ce point important, qui consiste à comprendre qu’une habitude a pu avoir une efficacité certaine à une époque (par exemple, quand dans sa jeunesse manger n’importe comment n’avait pas de grande répercutions sur le poid), qu’aujourd’hui, cette habitude est devenue néfaste. Quelles autres techniques et stratégies adopter pour remplacer celle qui ne donne plus satisfaction ? Piste inexplorée.

Guy Corneau aurait pu explorer du côté du principe de Pavlov, où comment une habitude mise en place pour aborder la vie en automatique peut devenir obsolète, et révéler sa faible efficacité coûts/gain, car il y a une économie du bien-être, et comment on peut briser ce mécanisme physique (le principe de pavlov est assez bien documenté sur ce point). Encore une piste dont on ne parle pas.

La question de la frustration aurait pu être abordée, et l’idée que le malaise peut aussi venir du fait que l’on ne fait pas ce qu’on aime faire dans la vie, manque compensé par des comportement nocif. Et si on encourageait les personnes à faire ce qu’elles aiment faire, au lieu de leur demander de revenir vers leur passé ? Piste inexplorée.

La question de la qualité de vie. Comment obtenir de bonnes sensations dans la vie, et éloigner les facteurs de stress et d’ennui dans la mesure du possible. Concrètement. Et constater que cela entraîne une baisse des envies boulimiques ou addictives. Toujours cette idée de remplacer le plaisir du grignotage, par exemple, par un autre plaisir, qu’il faut parfois apprendre à éprouver, comme le sport ou une réalisation professionnelle. Piste inexplorée. Toujours l’idée qu’on compense une douleur du passé, qu’il faut réviser son passé pour que ça évolue.

La question de la reconnaissance. L’envie d’être apprécié et aussi d’apprécier autrui, de recevoir des preuves d’amour , d’être reconnu dans son travail et sa famille, d’être récompensé à sa juste valeur, etc. La personne a t’elle sa dose de reconnaissance et offre t’elle assez de reconnaissance aux autres ? Certain parleront de “gratitude”. Là aussi, il est possible d’agir sur ce point. N’est ce pas de ce côté qu’il convient de chercher ? Piste quasi inexplorée, au profit du psychodrame tortueux du retour aux sources.

Il serait aussi intéressant d’investiguer côté “croyance en la psychanalyse”. Bien sûr, Guy Corneau, en tant que psychanalyste, est sûrement incapable de mener cette recherche, d’aller étudier en quoi la croyance dans les préceptes freudiens peut bloquer les gens dans leurs problèmes, les faire passer du stade de “problème du quotidien” à celui de “problème existentiel”, amplifiant tous les symptômes, et surtout, les privant de toutes solutions, les entraînant sur le fatalisme du “c’est à cause de mon passé douloureux”. Je pense qu’ “apostasier la psychanalyse” est la première chose à faire, ceci afin d’éclaircir la situation et pouvoir étudier les autres possibilités pour régler ses problèmes. Piste bien évidement inexplorée, quoique Guy Corneau se retrouve à diverses reprises poussé à dire « c’est pas grave, on a le droit… », afin que les personnes cessent de dramatiser sur leur histoire, supposément cause de toutes leurs déviances.

La psychanalyse n’est pas seulement une croyance obsolète, c’est surtout une croyance dangereuse qui prive les gens des autres outils à leur disposition. Guy Corneau ne fait que participer au brouillage d’esprit dont une partie de la population occidentale est victime. Une mauvaise grille de lecture qui participe à l’état de vacuité dans laquelle se trouvent certaines personnes, ce qu’illustre parfaitement bien cette émission. Alors, merci Guy Corneau d’avoir réussi à démontrer cet état de sidération, même de manière involontaire. Je reconnais aussi qu’il y a bien pire que la pratique Jungienne de Guy Corneau, finalement assez humaine et aimable, moins « détériorante», me semble t’il, que la pratique lacanienne, que j’aborderai dans un autre article.